Oshogatsu: le Nouvel An au Japon

Osechi pour Oshogatsu

Akémashité Omedetou!! Bonne et heureuse année à tous!

Ça y est, la période du Nouvel An vient de prendre fin, et je suis sûr que vos estomacs ont besoin d’un peu de repos.

Pour nous les japonais, la période du nouvel an est le moment le plus important de l’année, il commence le 1er au matin et se termine le 3 janvier au soir. C’est un congé ferié dont tout le monde bénéficie, dans la mesure du possible bien entendu. Le nouvel an est donc fêté plus longtemps au Japon même si globalement ce que l’on appelle « les fêtes » sont plus courtes qu’en Europe et le reste du monde chrétien, puisque nous ne célébrons pas Noël de manière traditionelle.

Oshogatsu représente un moment privilégié où les familles se retrouvent et passent un peu de temps ensemble. C’est parfois l’occasion pour des parents éloignés de se déplacer. C’est bien sûr l’occassion de cuisiner et de préparer les plats traditionnels appelés « Osechi« . Ce sont des plats plutôt élaborés, mais sobres et légers, à base de légumes, de viande blanche, de poisson, d’algues et de bouillons divers. C’est aussi le moment de l’année ou l’on mange le célèbre »mochi », pâte de riz gluand très visqueuse que l’on déguste chaude, seule ou dans un bouillon. Cette dernière est même très dangereuse puisque chaque année sont dénombrés quelques accidents. Chacun de ces plats (Osechi) a un sens particulier et célèbrent de manière générale, le bien-être, le bonheur et la longévité. C’est aussi à cette période que les japonais se rendent au temple appelé « Jinja » pour y prier et prononcer leurs vœux pour l’année à venir. C’est un moment très particulier ou le temps s’arrête. Nombreux sont ceux habillés en costume traditionnel dans l’enceinte du temple, la brume hivernale et la neige étant souvent présentes, le spectacle est authentique et réminiscent des siècles passés.

Oshogatsu est aussi un moment privilégié pour prendre le temps d’envoyer des cartes de voeux aux bien-aimés, et pour les adultes, d’offrir aux enfants une somme d’argent appelée Otoshi Dama: littéralement la petite boule de l’année. On s’adonne aussi à des activités d’intérieur puisqu’il fait souvent très froid à cette période: on joue aux cartes, à un jeu traditionnel appelé Fukuwarai qui consite à reconstituer un visage les yeux fermés et d’en apprécier ensuite sa forme saugrenue, on regarde des programmes télévisés de rétrospectives que l’on peut voir qu’à ce moment de l’année. Un peu de nostalgie ne fait jamais de mal!

Voilà, je voulais juste vous parler un petit peu de ma culture. Nous, pour Oshogatsu, nous avons mangé trois Osechis que vous pouvez visualiser plus haut. Le premier s’appelle kombu maki, il s’agit d’un rouleau d’algues kombu farci à la chair de congre cuit et caramélisé. Le noeud est fait avec du concombre séché. En haut à droite il s’agit d’un bouillon dashi maison avec un peu de sauce soja et de saké dans lequel je mets des légumes bouillis (epinards, carotte, radis…) et le célèbre mochi tout chaud et fondant, ça s’appelle Zou Ni. Le dernier plat s’appelle Chikuzen Ni, il s’agit d’un pot-au feu de poulet au dashi et aux racines de lotus. Le tout est très sain et digeste, c’est aussi ça l’esprit du Osechi, manger simplement pendant 3 jours pour guérir tous les excès de l’année!

Bonne année à tous! À bientôt!

Miho